Coopération plutôt que compétition

Ce que nous dit la science

Dans une première méta-analyse en 1981 de 122 études, Johnson et ses collaborateurs ont comparé l’impact de 4 approches sur l’apprentissage :

  • Individualiste (apprentissage personnel sans comparaison avec les autres individus)
  • Compétition entre individus
  • Compétition entre groupes
  • Coopération

Le résultat est sans appel : la coopération et la compétition entre groupes se sont montrés significativement plus efficaces pour l’apprentissage que l’approche individualiste et la compétition entre individus.

Les études n’étaient pas assez nombreuses pour pouvoir véritablement comparer la coopération et la compétition entre groupes mais la tendance était en faveur de la coopération.

Ces résultats étaient observés peu importe le sujet (maths, sciences, lecture, sport, etc.), l’âge et les tâches impliqués (compréhension de concepts, résolution de problème, catégorisation et raisonnement).

Dans une autre méta-analyse de 1991, Slavin cite d’autres effets positifs de la collaboration : confiance en soi, relations avec les autres, tolérance vis-à-vis des élèves en difficulté et capacité à travailler en équipe.

Ainsi, la collaboration comme pratique pédagogique peut avoir un profond effet sur l’apprentissage des élèves ainsi que sur leur socialisation.

Et concrètement dans Navadra ?

Les joueurs doivent s’allier pour venir à bout des ennemis les plus puissants

Navadra mets l’accent sur la collaboration entre joueurs. En effet, régulièrement, de gros monstres font leur apparition sur l’île et ces derniers s’avèrent être trop puissants pour pouvoir être combattus seuls.

Le joueur est invité à faire appel à ses amis

A ce moment, le joueur est fortement incité à s’allier avec ses amis pour venir à bout du puissant adversaire.

C’est le joueur qui choisit les amis avec lesquels il souhaite faire équipe

Dans un combat multi-joueurs, l’issue est toujours collective : tout le monde gagne ou tout le monde perd ainsi les joueurs ont toujours intérêt à s’entraider.

Par ailleurs, en fonction des choix qu’aura fait le joueur dans le jeu, il sera plus ou moins fort contre certains types de monstres. Par exemple, si le joueur s’est principalement orienté vers la magie du Feu, il sera plus puissant contre des monstres de Terre mais moins puissant contre des monstres d’Eau.

Ainsi, en plus de la coopération vient s’ajouter l’idée de complémentarité : chaque joueur possède ses forces et ses faiblesses et c’est donc le rôle de chacun de trouver des coéquipiers qui permettront de contrebalancer leurs faiblesses.

Bref, via les combats multi-joueurs, Navadra mets l’accent sur la coopération et la complémentarité favorisant ainsi l’apprentissage et la socialisation.

 

Sources sur la coopération et l’apprentissage :

Johnson, D. W., Maruyama, G., Johnson, R., Nelson, D., & Skon, L. (1981). Effects of cooperative, competitive, and individualistic goal structures on achievement: A meta-analysis. Psychological bulletin, 89(1), 47.

Slavin, R. E. (1981). Synthesis of Research on Cooperative Learning. Educational leadership, 38(8), 655-60.

Slavin, R. E. (2014). Cooperative Learning and Academic Achievement: Why Does Groupwork Work?. Anales de Psicología/Annals of Psychology, 30(3), 785-791.

Gillies, R. M. (2016). Cooperative Learning: Review of Research and Practice. Australian Journal of Teacher Education, 41(3), 3.